Transistor: cheveux flamboyants et voix sexy.

Ce n’est pas un secret: les blockbusters, jeux triple A et consorts ne me font plus rêver. Ces temps ci je trouve mon compte chez les plus petits et les indés. Vanillaware en tête avec Muramasa Rebirth et Dragon’s Crown qui me font allumer la Vita avec grand plaisir.
Puis plus récemment Supergiant Games avec cet excellent Transistor. Fort de son premier succès avec Bastion, le studio a réinvesti l’argent gagné pour faire le jeu dont il avait envie. Et quand les studios font ce qu’ils veulent sans pression de gros éditeurs, ça donne généralement un bon jeu. Oups, je vous ai déjà spoilé la suite de l’article. En même temps, je pense qu’il aurait été difficile de cacher longtemps mon enthousiasme !
Passé PS+ il y a quelques mois, je l’avais téléchargé car la DA me faisait salement du pied depuis un moment. Je n’avais pas spécialement eu l’occasion de le lancer mais quand je l’ai finalement fait il y a une paire de semaines, il ne m’a fallu que quelques minutes pour décider que Transistor serait platiné ! Avant d’entamer mon second run, je prends un peu de temps pour vous parler de ce titre qui mérite que l’on s’y attarde.

Le plot qui laisse sans voix.

11143486_10153138467322215_2705491554134132597_oVous voilà à Cloudbank, une ville colorée et d’apparence parfaite. Vous vous n’y trouvez malheureusement pas au moment le plus reluisant de son histoire. Le Process, un système créé pour répondre aux besoins des habitants et leur construire la ville parfaite dans un cadre de vie parfait semble lassé de réaliser les envies des autres. Il concentre alors ses efforts pour rendre la ville à son image et accessoirement attaquer les habitants en les réduisant à l’état de fonction informatique.

Vous incarnez Red, une chanteuse à succès dont le destin prend un virage énorme le soir où le Process décide de s’en prendre à Cloudbank. Se retrouvant en possession du Transistor, l’instrument principal utilisé pour diriger et contrôler habituellement  le système, elle entreprend une quête pour sauver sa ville ainsi que sa propre vie.

Je ne saurais vous en dire plus sans vous spoiler même une infime partie du scénario et loin de moi l’envie de vous dévoiler les tenants et les aboutissants de cette histoire où se mélangent complot politique et histoire d’amour!

11707936_10153138479432215_3188338517285016471_o
Les rares habitants que vous croiserez vous seront d’un aide précieuse.

 

Testez vos compétences de codage.

Transistor est présenté comme un A-RPG prenant place dans un monde de science fiction. 12030488_10153138477072215_5928190630826848656_oPersonnellement, j’y ajouterais la mention tactique sans hésiter tant la stratégie est importante si l’on souhaite faire l’expérience de tous les rouages du système de combat. Vous pourriez très bien vous en tenir à l’action pure et à attaquer attaquer attaquer et point. Mais vous manqueriez une grosse partie du boulot qui a été fait autour du gameplay.

Partons de la base, vous voulez bien ? Ce gros engin là, le Transistor, il a fière allure, mais est ce qu’il a plus qu’une belle gueule et une voix sexy ? Et bien oui madame !
Pour attaquer avec le Transistor, vous devrez utiliser des fonctions. Oui des fonctions. Informatiques. Plutôt singulier à première vue, mais dans un endroit où une IA prend le pouvoir et lance ses machines sbires pour détruire l’humanité, une épée qui attaque avec des fonctions ne parait soudain plus si tirée par les cheveux voire même plutôt de circonstance.

12017627_10153138482652215_7170347413971498600_o A chaque fonction son effet, donc. A titre d’exemple la fonction Crash() va attaquer l’ennemi et le déstabiliser; Help() va invoquer un compagnon qui combattra à vos côtés pour un court laps de temps; Ping() va envoyer de rapides charges cinétiques en ligne droite.  Là où ça commence à devenir intéressant c’est que chaque fonction peut être utilisée de 3 façons différentes.
Lorsque vous construisez votre éventail d’action vous avez le choix de placer votre fonction dans:
un emplacement actif où elle réalisera son effet principal quand vous le souhaiterez.
un emplacement Mise à Niveau où elle accordera un buff à la compétence active à laquelle elle est rattachée.
un emplacement passif où son effet durera en arrière plan tout le long du combat.

Par exemple Void() affaiblit la ou les cibles en actif, décuple les effets de la fonction à laquelle elle est rattachée en Mise à Niveau et augmente les dégâts de base de toutes vos fonctions lorsqu’elle est dans un emplacement passif.

12045336_10153138482472215_6502056972888943653_oAvec 16 fonctions différentes, 4 slots dans votre barre d’action, deux emplacements de Mise à Niveau pour chacun d’eux et 4 emplacements passifs possibles, autant vous dire que les combinaisons sont nombreuses et toutes plus intéressantes les unes que les autres.
Pour les besoins d’un trophée j’ai utilisé chaque fonction à chaque emplacement et je peux vous dire que j’en ai tiré des combinaisons absolument dévastatrices.

Tester et trouver les combo les plus efficaces vous sera d’ailleurs indispensable si vous souhaitez corser un peu le challenge à l’aide des Limiteurs de Process. Il s’agit de bonus que vous débloquez en montant de niveau et qui vous permettent d’accroître l’expérience gagnée à chaque combat. 12028645_10153138483802215_2279335225767202129_oEn contrepartie, le Process se voit doté d’effets qui lui sont bénéfiques et qui corsent considérablement les combats.
Les limiteurs de Process sont totalement facultatifs et vous pouvez en activer autant que vous le souhaitez une fois débloqués. Si vous désirez zapper totalement la dimension tactique du jeu libre à vous puisque le choix vous est offert mais vous loupez un challenge des plus excitants !

Notez également le mode tactique, Turn(), qui vous permet d’arrêter le temps et de planifier vos attaques afin de les réaliser à une vitesse incroyable. Indispensable pour venir à bout des combats les plus relevés.

Pour finir sur le système de combat, sachez que pour créer votre éventail d’action vous êtes limité par un nombre défini de barrettes de mémoire. Chaque fonction en coûte un certain nombre et il vous faudra choisir lesquelles utiliser et lesquelles sacrifier car vous ne pourrez pas tout utiliser à la fois bande de gourmands !

 

En bref et en chanson.

J’ai choisi de vous parler en détail du système de combat car je le trouve absolument brillant et efficace. Mais j’aurais très bien pu m’attarder sur la direction artistique à tomber. On en prend plein les yeux à chaque tableau tant le jeu de couleurs est maîtrisé que ce soit dans le Cloudbank vif et agité ou dans le monde blanc et stérile du Process.
La bande-son est géniale et participe grandement à l’ambiance prenante du jeu. Les mélodies comme les morceaux chantés sont un plaisir à écouter et j’écris d’ailleurs ces lignes au son de Paper Boats la sublime chanson de fin. L’OST est réussie, mais ce n’est pas la seule partie sonore qui brille. La narration active chère au studio est bien présente à travers la voix du Transistor. Les doublages, en anglais, sont de qualité et donnent de l’épaisseur à des personnages que l’on ne voit quasiment pas en contraste avec une Red muette et au cœur de l’histoire et de l’action.
L’histoire d’ailleurs, nous emporte dans quelque chose à la fois de mélancolique et de puissant. Mais je ne vous dirai toujours rien: il faut y jouer.

12027360_10153138469417215_9059763339174814758_o

Transistor est un petit bijou de jeu qui brille de ses milles facettes. Il fait partie de ces oeuvres du patrimoine indépendant qui font le plus grand bien à l’industrie et qui prouve qu’une équipe de 12 personnes peut transporter les joueurs avec autant de force si ce n’est plus qu’un gros studio.

1 Comment Posted

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*