Little Nightmares : bazar dans la cuisine et ventre qui gargouille.

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on TumblrShare on Google+Pin on PinterestShare on LinkedInEmail this to someone

Bouh ! … Je vous ai fait peur ? Non ? Dommage.
Au moins, le jeu dont je vais vous parler dans cet article risque d’avoir un peu plus d’effet sur vous que mon introduction !

Le week-end dernier, j’ai eu la chance de recevoir une copie du jeu des suédois de Tarsier Studios: Little Nightmares. J’en profite pour remercier bien fort Emilie et Claudia, mes bienfaitrices sur ce coup là :)

Parlons peu, parlons bien ! J’avais déjà évoqué le jeu dans mon compte rendu de la PGW 2016 et à l’époque il m’avait fait forte impression malgré une session de jeu relativement courte.
J’ai enfin pu faire l’aventure de bout en bout et autant vous dire que j’ai hâte de vous en parler plus en détails !

Un jeu d’enfant.

Dans Little Nightmares vous incarnez Six, une enfant courageuse et intelligente enfouie dans son ciré jaune petit bateau. Équipée d’un simple briquet elle va devoir affronter les ténèbres qui l’entourent. Des dortoirs aux cuisines de cet étrange endroit, il faudra s’armer de courage pour espérer voir le bout du tunnel.

Le gameplay est simpliste : une succession de plateformes avec parfois des mini énigmes permettant de passer à l’étape suivante une fois résolues. Le tout se fait en défilement horizontal mais le level design, bien que linéaire, donne une vraie impression de relief aux niveaux et on se sent tout petit dans cet univers si grand et si sombre.
Six peut courir, sauter, tenir des objets, les pousser ou les tirer et allumer son briquet. Et c’est tout. Dans Little Nightmares, on va à l’essentiel.
Et l’essentiel ici, c’est le malaise ambiant qui nous accompagne partout et tout le temps, des larges pièces sombres aux détails sordides en passant par les étroits conduits d’aération sans fin. Et ça, c’est seulement quand Six est libre dans ses pérégrinations. Régulièrement, des adversaires chercheront à l’attraper pour la stopper et ne reculeront devant rien pour le faire. Il faudra alors savoir se montrer discret ou se cacher rapidement si un danger survient, bien que parfois la fuite soit la meilleure solution.
Les nombreux points de contrôle rendent l’expérience moins douloureuse si on fait une erreur de parcours. Le chemin de Six reste néanmoins intuitif et les énigmes relativement aisées à résoudre pour peu qu’on regarde correctement autour de soi.

Le jeu est divisé en quatre chapitres qui représentent un univers différent chacun. J’ai été étonnée de la diversité des décors, notamment sur la fin du jeu. Les mécaniques restent les même de bout en bout et rien n’est vraiment approfondi mais comme je le disais plus haut, l’intérêt ne réside pas vraiment là dedans.

A mon grand étonnement la rejouabilité du titre n’est pas inexistante puisque le jeu cache certains petits secrets à trouver dans chaque chapitres comme des statues à briser ou des Nômes -les petits créatures mystérieuses que vous croiserez tout au long de votre aventure – à câliner (oui, il y a aussi du pipou dans Little Nightmares). Le menu de sélection de chapitre est prétexte à rejouer certains passages franchement jouissifs mais je ne veux pas en dire trop, le plaisir est vraiment dans la découverte et surtout l’effet de surprise. (les images qui illustrent cet article viennent intentionnellement du début du jeu pour ne pas vous gâcher le plaisir !)

Un réel cauchemar.

Little Nightmares brille par une direction artistique fabuleuse et je prends peu de risques quand je dis que c’est son principal atout. L’ambiance malsaine et stressante à souhait du titre est construite par un design graphique et sonore extrêmement bien fichu et juste. J’ai pris des claques de tableau en tableau (ce terme n’aura jamais été aussi adéquat)  et en particulier sur certains moments-clés où de magnifiques plans larges fixes viennent renforcer la pression immense qu’inflige le cadre dans lequel évolue Six. Cette antre si mystérieuse semble vivante, les décors respirent, tressaillent en même temps que le joueur. Ce personnage à part entière met des bâtons dans les roues à Six autant que peuvent le faire les ennemis humains.
Le terme humain pour les désigner est d’ailleurs sujet à questionnement tant ces derniers, tous adultes, sont représentés avec une apparence grossière et caricaturale. Le but étant bien sûr de faire paraître leur monstruosité intérieure à l’extérieur et évidemment de créer un contraste entre eux et la petite fille.

Toute l’ambiance repose d’ailleurs sur les oppositions entre Six et les ténèbres: les adultes ingrats face à l’enfant innocente, les décors immenses que la petite âme peut avoir du mal à traverser, etc. L’enfance et l’innocence sont mises en opposition avec la monstruosité de l’être humain au travers du comportement des personnages adultes qui évoluent autour de la petite fille.
Mais il ne faut surtout pas penser que le jeu propose seulement une lecture manichéenne de Six contre le monde. Attendez vous à prendre des claques: l’interprétation de cette oeuvre peut aller beaucoup plus loin que celle d’un simple jeu horrifique aux design hypnotisant et les indices sont nombreux au fur et à mesure de l’avancée de la petite fille dans l’antre. Le joueur peut alors se faire sa propre idée de quels enjeux se développent sous ses yeux.
C’est agréable d’avoir un jeu qui ne livre pas au joueur un univers à l’interprétation unique, celle que les développeurs souhaitent donner.

Le jeu m’a personnellement beaucoup touché et j’espère que ce sera également votre cas lorsque vous aurez l’occasion de vous y essayer !

Une adorable expérience horrifique

Little Nightmares est une parfaite alliance de pure beauté esthétique, de gameplay divertissant et d’adorable horreur. Le joueur est à bout de souffle du début à la fin à l’image de la jeune héroïne qui ne s’arrête jamais.
Le plaisir est dans la surprise presque sadique de la prochaine étape atroce qui nous attend alors que le jeu nous entraîne dans un conte malsain où dansent les pires cauchemars de notre enfance. C’est bien mis en forme, bien orchestré, on a aucune envie de lâcher la manette.
Mon seul regret est que l’aventure se termine bien vite mais ça n’empêche que l’expérience est complète et que les promesses sont tenues.

Little Nightmares est pour moi un must have de cette année 2017, c’est dit. Il sort demain 28 avril, ça ne vous laisse que peu de temps à attendre !

  • La direction artistique
  • L’exploitation efficace des cauchemars de notre enfance
  • Le rythme
  • Les Nômes <3
  • J’ai eu peur :(

  • Un peu court à mon goût
  • Le gameplay aurait gagné à être approfondi un chouilla
  • J’ai eu peur :(

2 Comments Posted

  1. Grâce à ton retour sur le jeu, j’arrive mieux à voir quel est le style du jeu. Il a l’air fun à faire, surtout quand on aime le genre (ce qui est mon cas). Je pense l’apprécier quand je l’aurai entre les mains.
    L’ambiance a vraiment l’air génial, j’aime beaucoup le style… Et ton avis est positif donc ça donne envie de tester :)
    On en avait parlé sur Twitter, je pense que c’est le style de jeu qu’on a des chances de rapidement avoir dans le PSPlus donc je vais attendre un peu (soit qu’il soit en jeu gratuit du mois, soit une belle promo).
    En tout cas ton article est très bien écrit, c’était un plaisir de le lire ! Je reviendrai lire les prochains, c’est certain ^^
    A bientôt ici ou sur Twitter :)

    • Hey ! Merci d’être venue me lire et d’avoir pris le temps de me faire un retour, c’est vraiment gentil de ta part <3
      J’espère que tu auras vite l’occasion d’y jouer, c’est vraiment un jeu à faire !
      Au plaisir de te relire en commentaire ou sur Twitter ;)

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*